They Do It Better.

À la Fashion week de Londres a lieu un défilé spécial, qui est presque un événement à part entière, puisqu’il s’agit du défilé présentant les collections des meilleurs élèves de l’école de mode Central St Martin. J’ai beaucoup, mais alors beaucoup, aimé les élèves et futurs designer de cette école qui ont présenté leurs collections masculines pour l’hiver prochain. J’ai été tellement impressionné et ému en voyant ces défilés qu’il fallait que j’en parle sur ce blog. Ce seront ceux ( j’en suis sûr ) qui vont diriger les plus grandes maisons demain, oui qui créeront leur propre marque pour nous habiller. J’aime bien l’idée qu’un de ces élèves se retrouvera peut-être comme Christopher Kane, qui vient aussi de cette école, adulé par le monde de la mode avec des défilés qui émeuvent tellement qu’il y en a qui en sortent les larmes aux yeux.

Mes deux élèves préférés sont Hwang Sung Park et Elena Crehan ( les deux premiers ).

J’ai beaucoup aimé le côté onirique de Hwang Sung Park, ce voile léger donne un effet de voir apparaître des créatures surnaturelles comme des âmes tout droits venues du purgatoire, ou du paradis. Il y a un côté très minimaliste bien sûr, mais aussi une idée qui pour moi est celle de l’idée d’un vêtement qui aura sa propre identité et sa propre histoire au gré des aventures de celui qui le portera. C’est vrai que porter du blanc ne vous immunisera pas de vous retrouver un jour avec une altération du blanc et parfois quelques tâches qui ne manqueront pas de rehausser l’identité du vêtement.

Elena Crehan semble avoir saisi totalement l’identité féminine parfois un peu trop refoulé des hommes. C’est vrai que je ne pense pas que beaucoup d’hommes porteront ça mais il y a comme un appel à la provocation auquel les amoureux des looks chocs et avant-gardistes ne pourront pas résister. Le travail sur ces pulls est étonnant. Mélanger et faire cohabiter le travail de la dentelle et l’originalité de ces looks presque asexués sont ce qu’il fallait. Je ne pense pas que porter des bas en hiver serait la bonne solution pour lutter contre le froid mais un bon jean ou un pantalon signé Yohji Yamamoto ou Comme des Garçons serait parfait.

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Yohji Yamamoto.

 

YOHJI YAMAMOTO

Le défilé Yohji Yamamoto fait parti de mes préférés. La plupart des mannequins portaient de fausses moustaches, la musique passaient de la musique folklorique écossaise avec les cornemuses à celle plus appropriée pour un défilé, la collection était simple. On avait envie de se ruer sur le site internet de la marque pour l’acheter. Un beau défilé commercial, quoi._MG_1725 _MG_1737 _MG_1807 _MG_1819 _MG_1827 _MG_1864 IMG_1674 IMG_1692 IMG_1702

Black Is Black, But …


black is black
Le noir est la couleur passe partout. On la met presque la plupart du temps sans même parfois s’en rendre compte. Les sacs et les chaussures sont en général en noir, sans parler de sa voiture ou encore de son manteau en passant par le portefeuille.

Le noir est partout mais n’en avez-vous pas un peu assez de voir du noir partout même que quand il faut beau, qu’on est heureux et que tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Moi si.

Un jour de Fashion Week, j’allais à un défilé Boris Bidjan Saberi qui fait partit de ces designers dont on vient voire les défilés tout en noir. Moi je sortais de chez d’un autre où la couleur était de rigueur. J’arrive au défilé et je me sens tout de suite comme assailli par une ambiance que je pouvais qualifier de vraiment morbide. C’est un peu ça quand on arrive dans un endroit et qu’on a le sentiment de n’avoir pas compris les codes pour s’insérer sans trop se faire remarquer et que pendant tout le temps qu’on y sera, les regards se poseront sur nous avec la ferme intention de nous faire comprendre qu’on a rien compris et qu’on ferait mieux de partir.

Sur le coup, je me suis senti tout bête sauf qu’au début du défilé, le premier look qui apparaissait sur le catwalk était loin mais vraiment loin d’être en noir. Elle était plus dans du blanc cassé un peu verdâtre. Tout est dans l’art du défilé de Boris Bidjan Saberi qui aime nous remettre à notre place en nous disant subtilement que ce n’est pas parce qu’il est connu pour faire des looks sombres qu’il faut s’attendre à voir que du noir sur ses looks.

Ça peut paraître dérisoire parce que même des designers comme Rick Owens ou Yohji Yamamoto mettent aussi du blanc, du gris ou parfois même d’autre couleurs comme le rouge. Mais bon.

vogue51 001Photo inspirée d’une collection de Yohji Yamamoto.

On aime le noir parce qu’il cache l’indésirable, il affine et allège la silhouette. Certes, il peut parfois être d’un grand secours mais il faut savoir l’utiliser à bon escient. Le noir ne se porte pas tout le temps, avec n’importe quoi et n’importe où. Il ne va pas avec toutes les silhouettes parce qu’un jean noire peut rendre élégant  sur l’un mais être complètement triste et fade sur un autre.

Il faut aussi regarder sa carnation et savoir quelle couleur nous va le mieux. On m’a toujours dit que le gris m’allait bien. Dans des jours où je n’ai pas très envie de réfléchir sur quoi mettre ou quand je suis en mode triste ou fatigué dans ma tête, je mets du gris. Mais quand j’ai envie de porter quelque chose, d’oser un peu plus et que je me sens joyeux, le moral bloc sans qu’aucun remarque désobligeante puisse m’atteindre : je porte d’autre couleurs qui m’iront bien aussi.

Un amie à moi m’a toujours dit qu’il ne faut pas rester dans les sentiers battus et connus de tous. Il a bien raison en y pensant. Quand je regarde autour de moi et que je remarque que tant de personnes, par crainte de tomber dans le " ridicule " ou d’oser autre chose, porte les mêmes choses que tous le monde pour " entrer dans la norme " et fondre dans la " masse " je trouve ça triste.

Triste parce qu’il y a des tenues dans d’autres couleurs qui pourrait leur aller à merveille. Être soi en tout simplicité, affirmer ses goûts n’est pas mince à faire quand on s’en empêche mais il savoir s’écouter et vivre en communion avec ses goûts sans se soucier des autres. Bien sûr, cela doit être fait avec intelligence et subtilité. Quand aime la couleur, il faut en porter dans dans deux couleurs maximum ou dans les mêmes camaïeux.

On ne s’en rend pas compte, mais on se rend dépendant de ce que parfois on nous imposent ou on s’impose de porter à tort. Mais il ne faut pas juste rester là, comme ça, à faire ce qu’on a jugé bon de faire parce que tout le monde le fait et qu’il est jugé bon de le faire.

Le noir est bien et beau, mais il n’est pas une fin en soi. Pour mieux l’apprécier, il faut aussi user d’autres couleurs pour ne pas trop être dans un trop plein de noirceur.

Discovered.

C’était tout juste hier. J’étais en train de me remettre de la chaleur devant les portes du défilé Yohji Yamamoto quand j’entendais derrière moi deux messieurs se demandant ce que ça pouvait être, que c’était sûrement de la mode et que ce serait intéressant de rester là et de nous regarder, nous, les malades mentaux de la mode prendre des photos d’autres malades mentaux de la mode*.

En me retournant discrètement**, je découvris ces deux messieurs, donc, avec un style plutôt intéressant. Rien de péjoratif la dedans, sauf qu’en étant habitué à voir un étalage de marques, voir des vêtements humbles, simples mais terriblement ( et Dieu sait combien je ne mâche mes mots ) fashion me changeait un peu. De toute façon, tout ce qui est simple, j’adore !

En voyant cette photo, je dois vous dire que c’est peut-être l’une des mes plus belles photos et je remercie le hasard et ces deux messieurs de me l’avoir permis.

PS: il faut que je pense à demander les noms des personnes que je prends en photo, ça m’évitera de parler d’eux comme si j’étais un troubadour qui racontait des légendes. Pffff !

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* On est tous des malades mentaux quand on participe à une Fashion Week. Des malades mentaux qui trouvent leurs remèdes en voyant de nouveaux habits qui nous rendrons encore plus malades qu’auparavant et dont il faudra se soigner en attendant la saison suivante … Vous l’aurez compris, c’est un cycle sans fin !

** C’est à dire que je me suis retourné en montrant mon énorme visage gonflé de terreur par le fait d’entendre des intrus avouer leurs intrusions.