L’autre jour je discutais avec l’ami d’un ami et je lui demandais ce qui représentait pour lui l’essence de l’habit masculin de notre siècle. Et il m’a répondu " un perfecto et des bottes ".
Je ne savais pas quoi dire sur cette réponse. Enfin, je ne savais pas ce qu’un perfecto et une paire de bottes avaient d’extraordinaires pour être aussi parfaits dans la tête de l’ami de mon ami.
Je m’attendais à une réponse du genre les chaussures de chez Dolce & Gabbana et les jean de chez Calvin Klein. Mais là, un perfecto et des bottes … Je m’avouais vaincu en réalisant qu’en pensant connaître et m’intéresser à la mode un peu plus que les autres garçons, celle-ci me surprendrait toujours, en repoussant toujours un peu plus loin mes limites mes acquis.
Aaaah, la mode quand tu fais ta maline !
Je pensais ne jamais pouvoir donner une réponse sur le choix de ce perfecto et cette paire de bottes qui font partis bien entendues de ce que l’habit masculin a de mieux. Je errais de magazines en magazines afin de trouver une réponse. Tout ce que je voyais c’était des imprimés et de la couleur.
Frustrant.
Puis j’ai ouvert les yeux et je me suis rendu compte d’une chose. Le perfecto et les bottes sont certes présents dans le milieux de la mode mais dans une mode qui se veut plus comme un style personnel. Pas présentés de manière ostentatoire pour être exploités par les marques et les magazines. C’est ce qui peut-être justifiait le choix de mon interlocuteur.
Ce qui fait la mode masculine, c’est le côté très accessible et donc réaliste du vêtement. Ce n’est pas comme chez les femmes où là moindre tendance qui va faire son irruption dans un nouveau nouveau numéro sera aussitôt reprise par un grand nombre d’addicts pour montrer qu’elles aussi peuvent entrer dans un vêtements porter par une mannequin au physique irréprochable. Chez nous les hommes, on s’inspire plus en magasin que des campagnes publicitaires. Les défilés et les magazines nous montrent quoi porter sans nous faire rêver et fantasmer.
Le rapport conflictuel du corps entre celui d’un mannequin et celui d’un homme de la vie de tous les jours est quasi inexistant parce que l’homme de tous les jours saura que le mannequin est un porte manteau. Il n’est là que pour porter de manière standard un vêtement, sans imposer d’être comme lui pour pouvoir porter telle ou telle collection.
La femme essaiera de se comparer à elle en pensant que le corps d’un mannequin a un capital séduction plus fort que le sien.
Un vêtement qu’on verra sur un mannequin aura toujours le moyen d’être porté par un homme qui n’aura pas forcément le même gabarie que ce dernier. Chez les femmes, il y aura toujours la phase d’admiration, puis de déprime avec des " je n’ai pas ce corps pour porter ça " pour terminer par la phase de déni et de déception du vêtement et de la mode à fortiori.
Je ne dit pas qu’un homme n’aimerait pas au moins une fois ( même pour plaisanter ) avoir un corps comme les égéries des campagnes Calvin Klein. Je veux dire qu’il ne se mettra pas continuellement des barrières psychologiques en pensant que ce qu’il verra ne pourra pas être à sa taille en magasin. Au pire, il se contentera de porter autre chose, ce qu’il considèrera comme plus abordable et moins sujet à déprimer en hurlant le pourquoi d’une telle malchance. Généralement.
C’est pour cela que le perfecto et les bottes sont ce qui fait une partie de la mode masculine. C’est parce qu’elle sort des sentiers ( déjà ) battus de ce domaine. Peut-être que l’ami de mon ami trouvait que ce qu’il aurait voulu porter ne lui irait pas, il a donc choisi autre chose qui lui vont bien, sans regretter son premier choix.


