Chemise inspirée d’un Dsquared, Short inspiré d’un Fendi, le tout SS13.
Les goûts musicaux varient selon le mode de vie d’un individu et bien évidemment sur son style vestimentaire. Mais il y a des genres musicaux qui, malgré leur ancienneté et leurs revendications parfois violentes, gardent une grande influence dans le milieu de la mode. C’est le cas pour la culture punk qui reste un sujet d’inspiration pour de grandes marques ayant parfois participé à son succès comme Vivienne Westwood. Le style rock ? Tout le monde le sait et le connaît par coeur. On le voit et le revoit à chaque saison, dans au moins dans un défilé ou dans un magazine. Mais la mode punk sait rester discrète sur le podium et dans les collections. D’où vient-elle et comment s’est-elle exprimée à travers les années jusqu’à nous ?
Il faut savoir que le style punk est issu d’un mouvement qui revendique un renversement des valeurs et des codes vestimentaires dits hippie comme la non violence, les couleurs douces, l’effacement des différences sexuelles, la vie proche de la nature. C’est donc une mode en recherche d’excentricité t de provocation gratuite. Elle aime les couleurs flash, la vie urbaine, les drogues et parfois même des actes comme le vandalisme, le sexisme ou la violence.
Les influences sont multiples mais une des plus connues est celle du groupe considéré comme punk : Television, un groupe qui se produisait dans un club dénommé CBGB’s dans les années 70 aux États-Unis. Leurs musique est puissante et agressive tout comme leur look qu’incarne le chanteur, Richard Hell qui avait l’habitude de se produire en lunettes noires, blouson en cuir, un t-shirt court et déchiré et des mèches hérissées en guise de coiffure. Richard Hell est photographié pour son look et son attitude par le magazine d’Andy Warhol, Interview. En 1975, le mouvement punk est né.
Ce mouvement s’importe jusqu’au Royaume-Uni par le biais de Malcolm McLaren, manager des New York Dolls, qui affiche des photos de Richard Hell et met en vente ses disques dans la boutique de Vivienne Westwood, Sex. On voit alors une clientèle de plus en plus jeune, issue des milieux défavorisés des banlieue, flâner dans la boutique à la recherche des tendances du moment. Ce serait grâce à ces photos qu’un certain Johnny Rotten, fondateur des Sex Pistols, aurait été influencé fondant une véritable communauté punk autour de cette boutique.
La mode punk devient très vite populaire en Angleterre en crise. La facilité d’appropriation du style punk permet à une majorité de jeunes au chômage d’exprimer vestimentairement le mécontentement d’une société de plus en plus sombre. Les jeans sont déchirés les cheveux sont rasés, les veste en cuir sont accessoirisées par des chaînes, clous et épingles de sûreté. Très vite, les revendications stylistiques sont de plus en plus violentes et choquantes comme l’utilisation d’accessoires bordage, la dérision de symboles sérieux comme la cagoule du violeur de Cambridge, la croix gammée nazi.
La boutique Sex de Vivienne Westwood propose des collections allant dans cette même idée d’un look franc où toutes la haine contenue par les jeunes doivent être visible et représentée par leurs vêtements. La créatrice Zandra Rhodes présente en 1977 une collection haute couture inspirée de la mode punk. C’est ainsi qu’on voit de plus en plus de créateurs utiliser le mouvement punk dans une volonté de marquer les esprits mais aussi de montrer une mode qui peut s’adapter aux réalités sociétales avec Jean Paul Gaultier ou encore Maison Martin Margiela.
Le mouvement punk se divise au fil des années et laisse voir des interprétations plus souples qui s’éloigne des idées fondatrices ou plus radicales. L’interprétation qui semble s’assouplir naît en 1979 avec une vague dite néo-romantique qui se divise en trois groupes : celle dite Outrage pour une tendance qui reste punk, celle dite Clean qui s’approprie une tendance plus mods ou encore l’aspect Skinhead. On a aussi la Coldwave avec des looks ska, jugés glaciales, qui restent proches des mods avec un goût pour les chapeaux et les costumes. Pour ceux qui restent dans l’esprit radicale du punk, on a l’émergence d’une tendance clochard dans une esprit dépression des années 1930 ou rescapé d’une apocalypse nucléaire. La mode Visual Kei, le Cyberpunk ou les Emo sont des héritiers de ce mouvement punk qui restent encore attaché à des idées de révolte mais variant selon des détails basés sur le physique plus ou moins outrancier.
Aujourd’hui, la crête iroquoise, la coupe en pétard de Sid Vicious restent des coupes capillaires représentant au mieux une identité punk. Les matières comme le tartan,le cuir ou le jean issus du rock sont revisités mais dans une volonté de destruction de la matière avec l’héritage d’un mouvement Do It Yourself qui prône une création stylistique personnalisé. Ce mouvement est encore présent puisque de nombreux blogueurs à travers le monde sont des adeptes de ce mouvement en présentant des vidéos tutoriels où ils apprennent à créer un style à partir d’un vêtement basique. La blouse bombers est beaucoup utilisé, comme le t-short imprimé qui a fait la notoriété de nombreux groupes comme le t-shirt imprimé de Joe Strummer des The Clash qui avait un logo de la Fraction armée rouge entouré des mots " Brigate Rosse ".
Non, le punk n’est pas mort parce qu’il sait se muter, se réinventer avec une interprétation que l’on retrouve même parfois dans d’autres styles vestimentaires comme chez les rappeurs qui adoptent parfois des détails ou des vêtements d’inspiration punk. La mode en a fait son terrain d’expérimentation qu’on retrouve de manière parfois claire chez des designer comme Dsquared ou de manière plus expérimentale comme chez Rick Owens. Même si être punk aujourd’hui n’est plus une histoire de revendication, le brin de style provocateur reste encore d’actualité et risque d’être une source d’innovation pour le monde de la mode.








